Lettre Production laitière

Lettre Production laitière

Conjoncture laitière

L’année 2020 se caractérise par une augmentation de la production laitière dans les principaux bassins exportateurs (+ 0,5% à + 1,5%). Notons néanmoins que les stocks publics de produits industriels sont faibles. Après une chute au printemps, le prix de ces produits est rapidement reparti à la hausse (cf. graphique).

 

Sources : CNIEL – Conjoncture laitière, novembre 2020 : incertitude sur le marché des produits laitiers
CERFRANCE – Groupe de veille économique lait – Marché laitier et COVID-19 : où en sommes-nous ? octobre 2020

La crise du COVID-19 a apporté beaucoup d’incertitudes avec :

  • Suppression de la restauration hors-foyer ;
  • Diminution des échanges internationaux de produits laitiers.

Pour autant, les laiteries se sont montrées agiles pour adapter leurs chaînes de production vers les produits de grandes consommations. De nouveaux modes de distribution ont par ailleurs développé leur croissance (circuits courts, drive, etc…).

Le prix du lait ne devrait pas se dégrader à court terme mais les perspectives restent incertaines à moyen terme et dépendront principalement de l’évolution du pouvoir d’achat des français et des échanges internationaux.

Production laitière : quels sont les résultats 2021 ?

Les résultats de l’ensemble des clôtures de l’année 2021 sont disponibles aujourd’hui. En ce qui concerne les exploitations laitières, la majorité des clôtures sont réalisées au printemps. Cela signifie que les chiffres ci-dessous sont principalement liés à la conjoncture printemps 2020-printemps 2021 :

Au travers de ces résultats, nous remarquons que les charges alimentaires prennent une place de plus en plus importante dans les charges globales de l’atelier laitier, et ce, indépendamment du système de production.

Nous avons déjà abordé ce sujet lors des précédentes lettres lait au travers de plusieurs thématiques :

  • Suivi du coût de concentrés
  • Qualité des fourrages (date de récolte, …)  

Approche technico-économique : Changement de système et exemple de calcul de coût fourrager

Optimiser votre marge en limitant les coûts

Qualité de l’herbe et impact techno-économique


 

Parmi les facteurs clé de réussite que nous observons dans les élevages et que nous n’avons pas encore abordé, les éléments liés à la reproduction (taux de renouvellement, taux de réforme, nombre d’animaux improductifs,…) restent important à bien maîtriser. Effectivement, à ration équivalente :

  • 1 primipare produira moins qu’une multipare
  • 1 vache laitière à 200 jours de lactation produira moins qu’à 150 jours

 

La libération des quotas et l’augmentation régulière des références ont engendré parfois des augmentations importantes d’effectifs (souvent par croît interne). Cela a fragilisé la gestion des troupeaux qui étaient auparavant en rythme de croisière : baisse des réformes et allongement des lactations, hausse des IVV avec des mois moyens de lactation plus élevés, augmentation de l’âge au premier vêlage, etc….
Pour savoir où vous en êtes aujourd’hui, vous pouvez comparer vos résultats à des moyennes de groupe présentes sur le site de l’IDELE : https://idele.fr/outils/reproscope.
Le site vous permet de vous positionner et aussi de simuler l’impact économique d’une amélioration de l’IVV :

 

 

Avant de travailler avec précision l’équilibre de la ration des vaches laitières, il semble important de maîtriser les fondamentaux en terme de reproduction.
Voici quelques critères à avoir en tête :

  • En vêlage groupé : viser 5 à 7 mois de mois moyen de lactation
  • Intervalle vêlage-vêlage : viser un intervalle inférieur à 400 jours
  • Taux de renouvellement : viser 25% et ne pas dépasser 35%
  • N° lactation moyen du troupeau : viser une moyenne supérieure à 2,5

Evidemment, ces indicateurs sont des tendances à suivre et ils doivent être regardés de manière groupés. Par exemple, un IVV faible pourrait être lié à un taux de réforme élevé et donc pas forcément synonyme de bonne gestion !

Dans les exploitations qui obtiennent de bons résultats technico-économiques, deux façons de faire se détachent :

Elever juste le nombre de génisses nécessaires pour le renouvellement : cela permet d’optimiser les charges et le temps de travail (aliments, bâtiments, main d’œuvre,…). Cela permet aussi de libérer de la surface fourragère au profit de cultures à plus forte valeur ajoutée.

Elever toutes les génisses et vendre une partie en amouillante ou fraîche vêlée : cette stratégie est intéressante si la surface fourragère, la place dans les bâtiments et la main d’œuvre n’est pas limitante. Il faut aussi s’assurer que le prix de vente couvre bien le coût de revient de la génisse !

 

Voici quelques questions que vous pouvez vous posez :

– Quels sont vos résultats de reproduction moyens sur les 3 dernières années ?

– Combien de génisses amouillantes ou fraîches vêlées avez-vous vendus au cours des 3 dernières années ?

– Combien de génisses avez-vous besoin annuellement pour votre renouvellement ?

Les réponses à ces questions vous permettront de savoir où vous vous situez aujourd’hui par rapport à vos objectifs.

 

Comment gérer les périodes de canicules estivales ?

 

 

Depuis plusieurs années, nous devons régulièrement faire face à des périodes de grosses chaleurs pendant les mois d’été. De plus en plus de retours d’exploitants nous parviennent avec des conséquences importantes sur la conduite du troupeau à cette saison.

Le stress thermique affecte principalement la production en raison d’une ingestion réduite, associée à une rumination réduite et à une moindre production de salive (effet tampon). Ces effets cumulatifs entraînent un déséquilibre énergétique avec un  potentiel d’acidose ruminale.

 (D’après NRC 1981)

Le stress thermique affecte le rendement laitier et le TB, la reproduction et l’état d’engraissement. Les résultats à l’insémination se trouvent dégradés parfois au-delà la période de stress intense. Et enfin, voulant maximiser leur surface corporelle exposée à l’air, les animaux resteront debout plus longtemps avec des incidences sur la santé des pattes et de la locomotion.

Quelles solutions ?

Avant de recourir à de coûteux investissements en matériel (ventilation, aération, brumisation, ….) il n’est pas toujours simple à mettre en œuvre.
Voici quelques conseils à rappeler :

Les besoins en eau augmentent de plus de 10% pendant le stress thermique. Il est nécessaire de fournir un accès illimité à une eau de qualité. Nettoyez régulièrement les abreuvoirs pour minimiser les problèmes de qualité de l’eau, et envisagez un dispositif d’ombre si ces derniers sont exposé à la lumière du soleil, qui chauffe l’eau.

Pendant le stress thermique, le pouvoir tampon naturel du rumen naturel entraîne une diminution du pH, et donc une dépression de la matière grasse du lait et un risque plus élevé de boiteries. Distribuez des fourrages de haute qualité pour maintenir les concentrations de fibres alimentaires et une fermentation ruminale normale.

Surveillez l’apport alimentaire et travaillez avec votre nutritionniste pour ajuster les rations afin de fournir les nutriments nécessaires pour maintenir la santé animale, le rendement du lait et les taux.

Plutôt que de nourrir des concentrés supplémentaires ou des grains, qui réduisent le pH ruminal, envisagez d’utiliser des matières grasses comme les graines oléagineuses entières, le suif ou les graisses protégées (by-pass).

Pour les vaches haute productrice, distribuez des suppléments protéiques de haute qualités et équilibrez la teneur en acides aminés.

Apportez des minéraux supplémentaires : le potassium (1,5% à 1,6% de DM), le sodium (0,45% à 0,60% de DM) et le magnésium (0,35% à 0,4% de DM) pour compenser ceux perdus par la transpiration, la respiration et l’excrétion urinaire accrue. Ces minéraux aideront à maintenir le PH ruminal et à prévenir la dépression de graisse du lait.

Nourrissez pendant la partie la plus fraiche de la journée où les vaches sont plus susceptibles de manger. Gardez les aliments frais pour minimiser la détérioration et la chauffe de ces derniers.

Maintenez une face de silo propre et droite et enlevez un minimum de 15 cm chaque jour pour minimiser la fermentation secondaire.

Plus globalement sur la stratégie globale de l’exploitation, évitez les vêlages durant ces périodes du 15 Juin au 15 Août . Sur une stratégie de vêlage répartis sur l’ensemble de l’année, priorisez en évitant absolument vos plus vieux animaux plus sujets aux troubles métaboliques.

 

Présentation de l’offre « Audit Production Laitière »

Le Cerfrance 49, via ses 2 conseillers spécialisés en production laitière, propose des prestations d’audit de votre activité lait. En quoi cela consiste-t-il ?

Dans quels cas ?

Par l’intermédiaire du comptable ou du conseiller en charge de l’adhérent qui remarque au travers des ratios économiques fournis par la comptabilité, des éléments inférieurs aux moyennes de groupe ou aux objectifs fixés par l’exploitant.

L’exploitant peut également vouloir faire évoluer son système (extensification, robotisation, … par exemple) et souhaite projeter les futurs équilibres économiques qui seront potentiellement atteints.

L’exploitant peut souhaiter faire un point ponctuel sur son atelier et prendre du recul par rapport à ses pratiques.

Enfin, certains partenaires, bancaires notamment peuvent avoir besoin d’un audit d’atelier et du système au sens plus large pour adapter leurs accompagnements financiers.

Description détaillée de la prestation

  • Recueil des objectifs de l’éleveur en terme de résultats techniques, économiques, de système d’élevage, de temps de travail

  • Analyse des résultats économiques et des marges brutes

Nous disposons à travers les résultats comptables annuels d’informations essentielles sur la santé économique et financière de l’exploitation : SIG, notions de trésorerie, de fonds de roulement, niveau de produits, de charges opérationnelles, de charges de structure.

Nous disposons également de votre marge brute laitière et de son évolution sur plusieurs années avec des comparaisons aux groupes (conventionnels, bios, robots…)

Ces premiers éléments d’analyse permettent de relever des pistes à approfondir.

  • Analyse des résultats techniques (production de lait, qualité du lait, reproduction, quantité et qualité des aliments, …).

Grâce aux résultats du contrôle laitier, du robot,…  nous reprenons ensemble une multitude de critères et ratios techniques impactant la performance de l’atelier lait : bilan cellules, historiques des contrôles, évolution des mois moyens de lactation, de l’IVV, du pourcentage de primipares, taux de renouvellement, etc…

  • Visite de l’élevage :

Observation des différentes catégories d’animaux, du logement, détail des rations, pratiques d’élevage, assolement, système de traite, etc…

  • Détermination des points forts et des axes de progrès

Mise au point d’un plan d’action au regard des points qui semblent perfectibles dans le but de le partager avec les partenaires techniques de l’exploitation

Avantages de la prestation Cerfrance 49

  • Indépendance vis-à-vis des laiteries, des fournisseurs d’aliments et des autres entreprises de conseils et services
  • Nous avons à disposition les résultats économiques détaillées ainsi que les données liées à l’organisation juridique, … de l’entreprise
  • Nous travaillons en lien avec les comptables/conseillers titulaires des dossiers
  • Les services internes au Cerfrance (agronomie, bio, environnement) peuvent compléter l’audit
  • Œil externe, regard nouveau
  • Travail en partenariat avec les intervenants habituels de l’exploitation
  • Nous disposons d’un panel très large de systèmes laitiers différents dont nous connaissons les résultats économiques

Intégrer un groupe de performance en élevage laitier Bio

Nous vous proposons d’intégrer un groupe d’éleveurs laitiers qui vous ressemblent.
L’idée du groupe est de travailler ensemble pour atteindre les objectifs techniques et économiques que vous vous êtes fixés.

Jeudi 18 février 2021 au Domaine viticole Delaunay à Montjean sur Loire

Public concerné
  • Votre exploitation est en agriculture biologique depuis peu
  • Vous n’êtes pas en bio mais vous souhaitez réfléchir sur le sujet
Contenu
  • d’échanger avec un éleveur dont l’exploitation laitière bio dégage des résultats technico-économiques performants avec une autonomie alimentaire assurée,
  • de prendre le temps de réfléchir à la cohérence de votre système fourrager, votre assolement, ainsi que sur les rations des animaux,
  • de réfléchir sur vos pratiques culturales et les adapter aux besoins des animaux
  • d’analyser vos marges laitières, vos coûts de production, coût de revient et d’établir un plan d’action personnalisé en adéquation avec vos objectifs personnels et professionnels.
Modalités

Sur 6 rendez-vous de groupe, par journée et/ou demi-journée, de février 2021 à décembre 2021 , sur le terrain et en salle, nous avancerons sur les thématiques citées ci-dessus dans le respect de vos attentes.

Si vous souhaitez des informations plus précises le projet, cliquez sur le bouton « je veux être contacté »

Stratégie laitière : L’équipe

 

Cerfrance Maine-et-Loire développe ses activités de conseils auprès de ses clients en production laitière. Deux conseillers spécialisés dans cette production, Vivien Tuffreau et Jérémy Leduc, peuvent désormais vous accompagner dans la conduite de votre atelier.

 

 

 

Présentation des conseillers spécialisés en stratégie laitière

Vivien TUFFREAU

Ingénieur en agriculture
Conseiller de gestion au Cerfrance Maine-et-Loire depuis 2012
Spécialiste en nutrition des vaches laitières (formation à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse)

Jérémy LEDUC

Ancien éleveur laitier
Conseiller de gestion au Cerfrance Maine-et-Loire depuis 2019
Spécialiste en nutrition des vaches laitières (formation à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse)

Exemples de prestations proposées par le CERFRANCE 49 :
  • Audit technico-économique de votre exploitation laitière (points forts, axes d’amélioration, diagnostic global, plan d’actions en fonction de vos objectifs, etc…)
  • Accompagnement technico-économique de vos projets : changement de système, développement de votre outil de production, installation, etc…
  • Suivi et optimisation des résultats techniques et économiques en fonction de votre outil de production
  • Formations techniques et économiques (financement possible VIVEA)
  • Mise en place de groupes lait

Pour toutes demandes de renseignements, n’hésitez pas à contacter Jérémy ou Vivien au 02 41 33 66 66 ou aux adresses mail suivantes :
jleduc@49.cerfrance.fr
vtuffreau@49.cerfrance.fr

Optimiser votre marge en limitant les coûts

A partir des fourrages récoltés au cours de l’année 2021 (notamment l’ensilage d’herbe et l’ensilage de maïs), il est possible d’activer certains leviers pour contenir l’augmentation des coûts alimentaires durant l’automne-hiver 2021-2022.

Pour commencer, l’analyse des fourrages reste toujours un préalable indispensable pour ajuster les rations. Pour gagner en précision et en réactivité, nous vous conseillons de faire une analyse par silo et éventuellement d’en refaire d’autres au cours de l’hiver. Cela permettra d’adapter la complémentation (en quantité et en qualité) au plus proche des besoins et ainsi éviter, notamment, le gaspillage de concentrés. Le principe de « produire d’abord le lait avec les fourrages » est toujours, et plus que jamais, d’actualité !

Cette année, les conditions climatiques ont permis de récolter l’ensilage d’herbe dès le début du mois d’avril avec des teneurs en sucres élevées qui se traduisent par des valeurs énergétiques souvent proche d’1 UFL/kg MS. La complémentation énergétique pourra, en fonction des rations, être diminuée voir arrêtée. Par contre, une récolte début avril signifie également moins de rendements ! Il faudra donc faire attention aux stocks disponibles et réajuster si besoin les quantités distribuées afin d’éviter les ruptures jusqu’à la prochaine récolte.

En ce qui concerne le maïs, c’est plutôt l’inverse qui est observé ! La pluviométrie estivale a permis de faire des rendements record mais souvent, les valeurs alimentaires vont être diluées. De plus, la canicule observée début septembre a engendrée des taux de matières sèches parfois supérieur à 40%. L’utilisation de ces maïs atypiques et moins digestibles devra donc être anticipée. En parallèle, les surfaces récoltées en maïs grain vont augmenter cette année. Cela peut-être l’occasion d’utiliser ce maïs (sec ou humide) en autoconsommation et ainsi augmenter l’autonomie alimentaire et s’affranchir des cours du marché.

De manière générale, le début de l’automne est toujours une période intéressante pour refaire le point sur les stocks, le bilan fourrager et la répartition des fourrages en fonction des différentes catégories d’animaux.

A moyen terme, la réduction du coût alimentaire passe aussi par les leviers classiques que sont la gestion des vaches taries et des prépa-vêlages et le maintien d’un stade de lactation inférieur à 6 mois en vêlages étalés. Des rations «vaches taries» optimisées vont permettre de réussir les débuts de lactation et ainsi favoriser la mise à la reproduction et la diminution des réformes prématurées.

Dans tous les cas, un suivi régulier des coûts de concentrés permet d’être plus réactif dans vos choix et de mieux maîtriser cette charge (cf. tableau présenté en dernière partie).

Si vous ressentez le besoin de faire le point sur votre élevage, n’hésitez pas à nous contacter. En nous appuyant sur vos résultats comptables, nous proposons des audits dédiés à la production laitière permettant de soulever les points d’amélioration et de mettre en place un plan d’actions précis.

Conjoncture de la production laitière

La production de lait mondiale est peu dynamique depuis le début de l’année 2022.

L’ensemble des principaux producteurs mondiaux (États-Unis, Union Européenne et Nouvelle-Zélande) affiche une baisse de production sur le 1er semestre. La France n’échappe pas à ce constat avec un recul de la collecte depuis le 1er janvier, malgré un léger rebond depuis le mois de septembre. La diminution constante des éleveurs laitiers et du cheptel lait contribue également à maintenir une collecte atone.

Ce constat amène à un déséquilibre offre/demande qui favorise l’augmentation des cours des produits industriels, beurre et poudre de lait, avec respectivement +70% et +25% depuis un an.

L’ensemble de ces éléments expliquent l’augmentation continue du prix du lait payé aux producteurs (le prix de base moyen sur 12 mois devrait dépasser la barre symbolique des 400€/1 000 litres avant la fin de l’année !). Néanmoins, le prix reste inférieur à d’autres pays européens (comme l’Allemagne, par exemple) car les industriels français n’arrivent pas, pour l’instant, à répercuter l’augmentation de leurs charges (emballage, frais de collecte,…) aux distributeurs.

En parallèle, le cours des vaches de réforme n’a jamais été aussi élevé. Le produit total des marges lait devrait donc atteindre les 500€/1 000 litres (cf. graphiques ci-dessous). Cette augmentation va être en partie compensée par la hausse des charges (aliments, intrants, énergie,…) avec des valeurs également inédites. Néanmoins, les marges des ateliers lait devraient encore être bonnes pour les clôtures du 4ème trimestre 2022 et du 1er trimestre 2023.

Malgré les bons résultats des clôtures 2022 et l’augmentation des revenus, il faut faire attention aux mois à venir en terme de gestion de la trésorerie :

  • Le niveau et la qualité des stocks fourragers réalisés en 2022 pourront avoir un impact sur la production laitière des prochains mois ;
  • Les prélèvements sociaux et fiscaux pourront connaître une augmentation consécutive aux bons résultats des clôtures 2022 ;
  • Le coût des intrants et avances aux cultures va continuer à augmenter pour les récoltes 2023.

Nous vous conseillons de profiter de cette période pour consolider vos trésoreries et épargner (via éventuellement les DEP pour diminuer la pression sociale et fiscale) compte tenu de l’incertitude conjoncturel (inflation, guerre en Ukraine, sécheresse,…).

Qualité de l’herbe et impact technico-économique

En général, le début du mois d’avril est synonyme de récolte d’herbe (ensilage et/ou enrubannage). Cette année ne fera pas exception ! Avec le beau temps des dernières  semaines, les premiers chantiers de récolte ont démarré fin mars dans notre département. Comme souvent, le travail de quelques jours aura un impact sur le reste de l’année !!! En effet, la qualité des fourrages conservés déterminera le niveau de revenus de votre atelier lait (impact sur le produit lait et sur les charges alimentaires). L’arbitrage n’est pas toujours simple à faire entre qualité et quantité.

Effectivement, la qualité de l’herbe diminue proportionnellement à l’augmentation des rendements (cf. schéma ci-dessous). Un ensilage d’herbe récolté avant épiaison pourra atteindre des valeurs alimentaires élevées (> 160 g/kg MS de MAT et > 0,90 UFL/kg MS) et ainsi favoriser la production laitière.

 

Source : Chambre d’Agriculture de Bretagne

 

Pour observer l’impact technico-économique de 2 récoltes à des stades différents, nous avons réalisé 2 simulations sur la base de l’outil de production suivant :

Voici ci-dessous l’impact de la qualité de l’ensilage d’herbe sur l’équilibre et le coût de la ration des vaches laitières en production :

Ration des vaches laitières (simulation 1) : production permise de 29,8 litres/VL/jour avec 2,9 kg de tourteaux de soja et 1,5 kg de maïs grain. Coût de la ration : 3,43 €/VL/jour soit 115 €/1 000 litres

Ration des vaches laitières (simulation 2) : production permise de 29,4 litres/VL/jour avec 3,5 kg de tourteaux de soja et 2,5 kg de maïs grain. Coût de la ration : 3,75 €/VL/jour soit 128 €/1 000 litres

A qualité de ration équivalente (productivité de lait permise), la récolte précoce de l’ensilage d’herbe (1ère simulation) permet une économie d’environ 8 000 €/an sur le coût alimentaire de la ration des vaches laitières. De plus, cela permet d’être moins dépendant des achats de concentrés à l’extérieur. Compte tenu de l’exemple pris en compte, la baisse de la quantité récoltée n’a pas non plus d’impact sur l’équilibre du bilan fourrager. Néanmoins, un impact pourra avoir lieu sur les rations distribuées aux génisses et aux vaches taries (type de fourrages, coût,…).

Chaque situation est différente et il est nécessaire d’analyser son système dans sa globalité. Par exemple, une économie de concentrés sur la ration des vaches laitières engendrera peut-être un surcoût sur les autres rations. Un point régulier entre besoin fourrager, potentiel de rendements, assolements et rations doit être fait pour valider la cohérence du système.

Où en est le marché des produits laitiers ?

Le marché mondial des produits laitiers reste dynamique, notamment aux Etats-Unis et plus modérément en Nouvelle Zélande.

La demande en Europe et en France

En ce qui concerne l’Europe, la collecte a eu tendance à diminuer à partir du 4ème trimestre 2020 et repart légèrement à la hausse. La France accuse au 1er trimestre un recul de 3% dû principalement à une croissance de l’herbe très déficitaire. La production de lait en Europe devrait néanmoins rester stable en 2021 d’après les projections (croissance modérée inférieure à 1%).

 

Source : Evolution de la production laitière européenne – CNIEL mai 2021

 

 

 

 

La demande internationale en produits laitiers reste très vigoureuse face à cette stagnation de la production.

L’évolution des produits industriels

Cela engendre une augmentation du prix des produits industriels (cf. graphiques ci-dessous). A mi- avril, le beurre se situe à 3 900 €/tonne quand la poudre de lait est à
2 500 €/tonne.

Source : CNIEL, conjoncture laitière mai 2021

Cette amélioration permet d’envisager une hausse du prix du lait payé aux producteurs au cours du 2nd semestre 2021. Par contre, le prix des matières premières (aliments, énergie,…) a fortement augmenté depuis plusieurs mois (cf. graphique ci-dessous).  L’indice IPAMPA (Indice des Prix d’Achat Moyen à la Production Agricole) a d’ailleurs augmenté de près de 5% sur 1 an.

Source : Evolution de l’indice Ipampa – CNIEL mai 2021

 

 

 

 

L’amélioration du prix du lait aura du mal à compenser l’augmentation des charges et on peut s’attendre à une stagnation voire une légère baisse de la marge de vos ateliers laitiers.

 

 

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